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Prix Pierre Simon | Biographie | Premier parmi les maçons   


biographie
   
 
« Le cigare et la générale »
Le Rapport sur le comportement sexuel des français ou Rapport Simon
L’avortement
Premier parmi les maçons
« Un solitaire très entouré » : la réflexion sur l’éthique
bibliographie
« J’ai été médecin : c’est ma vraie vie »  
Débuts : la lumière et l’ombre  
Dans les pas des Immémoriaux  
« La science accélère l’histoire »  
Apprivoiser la mort c'est donner un sens à la vie  
La longue marche : le Planning familial et  la contraception  
   



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Premier parmi les maçons

En 1969, Pierre Simon accède à la magistrature suprême dans l’ordre maçonnique. Parcours singulier que celui de ce frère maçon qui n’a occupé que deux plateaux celui de vénérable et de grand-maître. Parmi ceux qui ont marqué sa carrière de maçon, il faut citer les noms de Henri Tort qui unissait deux clochers, auquel est dédicacé De la Vie avant toute chose. Il devient grand maître de la Grande Loge de France. Il le restera jusqu’en 1971 puis sera réélu de 1973 à 1975. Son passage à la tête de la Grande Loge de France a marqué l’histoire de la maçonnerie. Comme pour la société, il s’agit alors pour lui de sortir la franc-maçonnerie de son archaïsme et de la faire entrer dans son siècle. À travers sa mandature,  c’est d’abord une vision philosophique de la maçonnerie qui s’exprime. Les loges doivent être les « laboratoires de la société » selon une démarche qu’il a lui-même relatée dans son dernier ouvrage La Franc-maçonnerie. Pierre Simon est convaincu que le franc-maçon doit agir dans la cité. Ainsi la loi Neuwirth résulte-t-elle, pour partie, d’une étude menée dans le cadre de la Grande Loge de France sur le thème de l’impact de la technique sur la morale sociale.

Du premier mandat de Pierre Simon date la reprise des relations entre la franc-maçonnerie et l’Église. En 1738 le pape Clément XII avait excommunié les maçons par sa bulle In eminenti, excommunication réitérée par le Pape Benoît XIV en 1751. La visite que Mgr Pézeril, évêque auxiliaire de Paris, rendit ès-qualités à la Grande Loge de France lors d’une tenue blanche fermée, longuement négociée au plus haut niveau, et à laquelle contribuèrent le directeur du Monde, Jacques Fauvet, le spécialiste des affaires maçonniques Alain Guichard et le représentant du cardinal Koenig, chef du département des non-croyants au Vatican. Aucun évêque français n’avait été reçu en loge depuis la Révolution : l’événement eut un retentissement considérable. Le dialogue se poursuivit avec le R.P. Riquet. Ce dialogue entre chrétiens et franc-maçons, Pierre Simon qui en est à l’origine l’a voulu passionnément. « Ce sera l’une des fiertés de ma vie d’avoir accompli l’un des gestes qui l’ont rendu possible, d’avoir préparé modestement, dans l’effusion du sacré, la conjonction des initiés. » (DVTC p. 176).

Lors de ses deux mandats de grand-maître Pierre Simon s’est attaché à tisser des liens étroits avec l’outre-mer qu’il avait appris à connaître pour y avoir travaillé à installer le contrôle des naissances. Il fut le premier grand-maître à se rendre aux Antilles et dans l’Océan Indien où il créa la première Loge sur l’île de la Réunion en 1974, « La Réunion fraternelle », ainsi qu’en Polynésie. Il fut enfin le premier grand-maître à être reçu à l’Élysée et à se voir ainsi reconnu dans sa fonction par le pouvoir politique.

Concevant la maçonnerie comme une tradition sur laquelle s’appuyer, il fut à l’origine de la création du Musée maçonnique. Conscient de la nécessité d’entretenir la réflexion et un mode opératif de maçonnerie, Pierre Simon fonde, en 1970, les « journées Royaumont » qui réunissent en l’abbaye de Royaumont, chaque week-end de Pentecôte, une centaine de maçons pour réfléchir sur la démarche initiatique. La franc-maçonnerie et la Grande Loge de France, dans laquelle il fut sa vie durant un membre actif,  possédait cette caractéristique selon lui d’être à la fois un centre de réflexion et d’action. Il œuvra jusqu’au bout en ce sens, poussant ses frères maçons à s’investir dans les différents débats de société. En 1988, il mène une mission officieuse en Nouvelle-Calédonie. En 2003, il fête son jubilé et est élevé au grade honorifique de « Vénérable Maître d’honneur » de « La Nouvelle Jérusalem ».